Un point sur la qualité de l’éducation dans les pays du Golfe

Ecrit le 28 mai 18 par Faryal Khan
Comparaisons internationales

Une nouvelle publication du Bureau de l’UNESCO à Doha analyse en profondeur les tendances actuelles et les difficultés auxquelles sont confrontés les systèmes éducatifs des pays du Golfe.

Jusqu’à 2015, le mouvement Éducation pour tous (EPT), coordonné par l’UNESCO, visait à organiser l’effort mondial afin que les pays impliqués puissent atteindre les six objectifs et répondre ainsi à leurs besoins en matière d’éducation des enfants, des jeunes et des adultes. Même si seulement un tiers des pays avaient atteint les objectifs mesurables de l’EPT en 2015, les nouveaux Objectifs de développement durable (ODD) ont gardé l’éducation parmi leurs composantes essentielles, mettant l’accent sur le renforcement des progrès effectués par les gouvernements pour offrir une éducation non seulement accessible, mais également de haute qualité. 

Les États du Conseil de coopération du Golfe (CCG), c’est-à-dire Bahreïn, le Koweït, le Sultanat d’Oman, le Qatar, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, ont investi massivement dans l’éducation et ont avancé à grands pas vers les objectifs de l’EPT. La plupart des pays du Golfe ont mis en place l’éducation universelle, atteint la parité, et offrent l’éducation préscolaire et secondaire inférieure à pratiquement tous les citoyens et résidents. Ils ont également fait des progrès significatifs dans l’élimination de l’analphabétisme des adultes. Cependant, leurs résultats aux examens comparatifs internationaux sont similaires à ceux des autres pays arabes. La qualité de l’éducation reste un point d’achoppement.

Les systèmes éducatifs des pays du Golfe présentent des caractéristiques très spécifiques. Beaucoup d’élèves étudient en anglais et l’enseignement de l’arabe est difficile, l’arabe littéral étant très éloigné de la langue vernaculaire. L’alphabet arabe présente également des difficultés sur le plan visuel. À cause des valeurs islamiques et culturelles, les garçons et les filles sont séparés à l’école à plusieurs stades de leur éducation, et beaucoup d’écoles ont principalement recours à des enseignants étrangers, surtout pour les garçons. 

Les études systématiques des apprentissages et des acquis dans la région du Golfe sont maigres. Le Bureau de l’UNESCO à Doha a récemment coordonné une étude de deux ans fondée sur une analyse systématique à la fois de données quantitatives et qualitatives, afin de dresser le bilan des progrès effectués dans la région vis-à-vis des objectifs de l’EPT. L’étude, intitulée Momentum for Education 2030 : Improving the Quality of Learning Outcomes and Enhancing the Performance of Education Systems in the Gulf Cooperation Council States (GCC), présente une vue d’ensemble des progrès effectués ainsi que des difficultés qui subsistent en matière d’accès à une éducation de qualité et d’amélioration des acquis de l’éducation dans les six États du Golfe. Ce rapport contient également des recommandations relatives aux politiques futures afin d’assurer des progrès entre et au sein des pays.

Comprendre les défis de l’éducation dans la région du CCG

 

  • Si les États du CCG se sont engagés à consacrer des ressources conséquentes à leur système éducatif, les acquis restent faibles par rapport aux pays de même niveau de revenu. Dans un pays comme Oman, le peu d’alternatives à la dépendance à l’État comme source de financement reste un problème. 
  • Des pays comme l’Arabie saoudite, où près d’un tiers de la population est constituée de résidents étrangers, doivent pouvoir fournir une éducation de qualité à une communauté d’expatriés en expansion.
  • La parité est un sujet essentiel : si les filles tendent à obtenir de meilleurs résultats que les garçons aux évaluations internationales, dans certains pays, elles sont moins susceptibles de poursuivre leurs études et sont sous-représentées dans la main-d’œuvre nationale. 
  • L’étude souligne également de fortes inégalités de connaissances et de compétences chez les enseignants (en matière d’enseignement de la lecture en arabe, en mathématiques et en sciences). D’importantes inégalités sont également présentes dans le rôle des enseignants dans l’apprentissage, leur efficacité ainsi que leurs attentes. 

Recommandations 

Quelques recommandations d’ordre général applicables à tous les pays ont été émises, comme renforcer la formation professionnelle des enseignants, associer les résultats de l’élève à ceux de l’enseignant, créer des environnements scolaires favorables, impliquer plus les parents à l’école ou encore mettre en place des mesures incitatives pour que les citoyens souhaitent travailler dans le secteur éducatif. Une liste détaillée de recommandations pour de futures politiques a également été établie pour chaque pays. 

En plus des inégalités entre pays, il y a également de fortes disparités entre les écoles d’un même pays : ce qui permet d’améliorer les acquis d’apprentissage dans une région ne fonctionnera pas nécessairement dans d’autres. Le rapport conclut en indiquant que les politiques doivent donc prendre en compte la situation de chaque région ou pays. 


L’étude Momentum for Education 2030 : Improving the Quality of Learning Outcomes and Enhancing the Performance of Education Systems in the Gulf Cooperation Council States (GCC) a été menée par le Bureau de l’UNESCO à Doha en collaboration avec les experts du Rapport mondial de suivi sur l’éducation (Rapport GEM), PISA (OCDE), et TIMSS (IEA). Elle a été financée par le Qatar National Research Fund .

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